Zoé HÉRY (1898-1980), la Djin et l'Egregia

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Matevoun
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Zoé HÉRY (1898-1980), la Djin et l'Egregia

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Zoé HÉRY, la Djin et l'Egregia


Lien familial


:arrow: Pour Mathieu CHARREYRE (14ème propriétaire) : Arrière-grand-mère maternelle.
(Zoé HÉRY → Christian MONTJOL (fils) → Anne MONTJOL (petite-fille) → Mathieu)
:arrow: Pour Ambre CHARREYRE-LESAGE (15ème propriétaire) : Arrière-arrière-grand-mère maternelle.
(Zoé HÉRY → Christian MONTJOL (fils) → Anne MONTJOL (petite-fille) → Mathieu CHARREYRE (arrière-petit-fils) → Ambre)
:arrow: Domaine Saint-Antonin : Aucun lien direct, le Domaine est entré dans la famille par sa belle-fille, Fanette SICARD (12ème propriétaire, épouse de Christian MONTJOL).


Zoé, Julie, Anne, Georges HÉRY, dite Manouche, est née le 11 avril 1898 à Tizi, commune mixte de Mascara (Oran, Algérie), fille de Joseph HÉRY, propriétaire, et de Marguerite Amélie VIDAL.
Elle fugue alors qu'elle est encore mineure.

Portrait de Zoé HÉRY. © Domaine Saint-Antonin
Portrait de Zoé HÉRY. © Domaine Saint-Antonin
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Elle épouse le 10 septembre 1918 à Nîmes Emile Eugène Joseph MONTJOL (1885-1969), coiffeur pour les grands hôtels et paquebots transatlantiques, dont elle a en 1919 un fils unique, Christian MONTJOL-HÉRY.
Le couple divorce en 1931 (jugement transcrit le 29 juillet).
Elle se remarie le 25 octobre 1937 avec Albert, Jean, Denis LOUDES (1897-1975), officier de marine et industriel, s'installe sur la Côte-d'Azur (Nice, 325 Promenade des Anglais), avant de venir s'établir à Aix-en-Provence, à la Villa Antoinette.


"Cheikh Ab-del-Djin" - Une plume sulfureuse sur la Riviera


Sous le nom de plume "Cheikh Ab-del-Djin", elle publie L'Islam sauvage puis prépare Nocturne en Sexe Majeur, présenté par la revue niçoise Sur la Riviera (vers 1932) comme une étude de la vie estivale sur la Côte d'Azur.
Elle y est photographiée dans le studio de sa villa à Saint-Raphaël, encore désignée "Mme MONTJOL-HERY".

"Cheik Ab-del-Djin (Mme MONTJOL-HÉRY)", Sur la Riviera, vers 1932. © Domaine Saint-Antonin
"Cheik Ab-del-Djin (Mme MONTJOL-HÉRY)", Sur la Riviera, vers 1932. © Domaine Saint-Antonin
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L'Islam sauvage par Cheikh Ab-del-Djin, en 1930. © The Book Heritage
L'Islam sauvage par Cheikh Ab-del-Djin, en 1930. © The Book Heritage
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Entre deux mariages (1930-1937)


Le fonds familial conserve plusieurs lettres manuscrites adressées à "Djin" ou "Djinn" entre 1930 et son remariage (1937), envoyées depuis Paris, Alger, Bordeaux ou Nice. Plusieurs sont sans ambiguïté des lettres d'amants ou d'ex-amants, certaines empreintes de tendresse, d'autres de rupture douloureuse. La plus ancienne, datée du 24 mars 1930 depuis Nice, donc alors qu'elle est encore l'épouse d'Emile MONTJOL, le divorce n'étant transcrit qu'en 1931, dresse un long portrait passionné en clair-obscur, l'opposant "l'Africaine" farouche, née dans les sables de Mascara, à "la civilisée" mondaine et susceptible ; Le vocabulaire orientaliste qu'il emploie (désert, mirage, gazelle) anticipe presque mot pour mot le personnage que Zoé publiera quelques mois plus tard sous le nom de "Cheikh Ab-del-Djin".
Un correspondant algérois la félicite en 1937 pour son "prochain mariage" avec "un mari idéal" et envoie "ses amitiés à Albert", signe qu'elle est restée en bons termes avec certains d'entre eux après coup.
Plusieurs de ces hommes s'adressent aussi avec affection à Christian, alors enfant, allant jusqu'à se proposer comme figure paternelle de substitution.


Fréquentations mondaines

Elle comptait notamment parmi ses proches Robert BELLANGER (1884-1966) et son épouse, surnommée "Poulay". Industriel et homme politique, sous-secrétaire d'État à la Marine en 1930, Robert BELLANGER fut le dernier locataire privé du Fort de Brégançon (1928-1963), aujourd'hui résidence d'été des présidents de la République Française.
Elle aurait également côtoyé des princes se réclamant de la dynastie omeyyade.


La supplique au Ministre des Colonies (1939-1940)


Quelques années plus tard (vers 1939-1940), elle adresse une supplique manuscrite au Ministre des Colonies, retraçant une généalogie familiale de service colonial en Algérie remontant à 1835 (Mascara), et mentionnant son fils unique engagé dans l'aviation cette année-là.

Zoe_LOUDES_Ministre_Colonies_OCR.pdf
Lettre de Zoé HÉRY au Ministre des Colonies, vers 1939. © Domaine Saint-Antonin
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L'Egregia d'un ordre confidentiel


Des archives familiales retrouvées en 2026 (une quinzaine de lettres et comptes-rendus de réunion couvrant la période 1949-1977) documentent l'existence d'un cercle mystico-chevaleresque privé se désignant comme "l'Ordre" ou "le Temple", structuré en Commanderies (Saint-Jacques, puis Sainte-Marie-de-la-Croix), avec ses propres grades : Egregia (Mère suprême), Révérende Mère, Chevalier ou Amazone Blanc(he), Commandeur ...

Plusieurs enveloppes de 1958, adressées à "Madame LOUDES, 325 Promenade des Anglais, Nice", contiennent des lettres pour la "Très Vénérée Egregia" ou "Très chère Mère", établissant que Zoé en était très probablement la fondatrice et la Mère suprême. Le premier message connu de l'Egregia date du 23 septembre 1949 ; les dernières lettres retrouvées, adressées à "Ma Mère très aimée", datent de novembre 1977.
Son fils Christian apparaît lui-même comme membre actif de ce cercle dès 1958, partageant avec elle un "bureau" et des "travaux" liés à l'Ordre.

Zoé HÉRY à Casablanca. © Domaine Saint-Antonin
Zoé HÉRY à Casablanca. © Domaine Saint-Antonin
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Selon un témoignage familial, sa succession à la tête de l'Ordre serait revenue, à son décès, à un frère et une soeur, Enver et Sévère TOTIBACCHI, installés à Caunes-Minervois (Aude), un nom qui apparaît d'ailleurs de la main même de Sévère dans l'une des lettres de 1958 ("Enver et Christine m'ont soutenus moralement"), ce qui confirme au moins l'existence réelle de ces deux personnes dans l'entourage de Zoé.

Parmi les correspondants identifiés de l'Ordre figure également le Général de Brigade Pierre Eliézer LAZARD (1880-1959), officier de la Légion d'Honneur, ancien élève de l'École Polytechnique (promotion 1899) et colonel-commandant du 1er Régiment du Génie avant sa nomination au grade de général en 1937.

Si ce nom, cet ordre, cette "Commanderie Sainte-Marie-de-la-Croix", ou des noms comme Charles PANNETIER, une Révérende Mère Christine ou Marie, ou la famille TOTIBACCHI vous évoquent quelque chose, n'hésitez pas à nous contacter.


Fin de vie et inhumation


Zoé est décédée le 6 décembre 1980, à 2h du matin, à son domicile du 325 Promenade des Anglais à Nice, la déclaration ayant été faite par le directeur des pompes funèbres municipales plutôt que par un proche.
Elle avait elle-même réservé sa concession quelques mois plus tôt, le 27 août 1980.
Elle fut inhumée le 10 décembre 1980 au nouveau cimetière de Saint-Rémy-de-Provence, concession n°1013, section Q, tombe Q1, sous le nom de Julie HÉRY épouse LOUDES, quand son fils Christian repose, lui, à l'ancien cimetière de la même commune.
(L'acte de décès la mentionne "divorcée de LOUDES" plutôt que veuve, Albert LOUDES étant décédé en 1975, ceci reste à éclaircir : Second divorce non documenté par ailleurs, ou imprécision de l'acte.)

Elle disait, de son vivant, qu'un jour les terres des deux cimetières se mélangeraient, et qu'elle et Christian se retrouveraient.


Cette page sera complétée au fil des découvertes.
Modifié en dernier par Matevoun le 07 août 2026, 10:09, modifié 18 fois.
Raison : Modif. par Matevoun : MaJ.
Mathieu CHARREYRE - Gérant bénévole du Domaine Saint-Antonin
14ème propriétaire depuis mon ancêtre Annibal THUS en 1633 - Présentation
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